En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

Tandis qu’au Kenya, où aucun cas d’Ebola n’a été référencé, le ministre de la Santé James Macharia – dans un souci de santé publique – prend la décision de suspendre l’entrée sur le territoire des voyageurs en provenance de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia infectés par le virus, tandis que le Koweït, l’Arabie saoudite et la Libye ferment leurs frontières, la Cour européenne annonce la suspension des vols de retour des immigrés arrivant d’un pays où sévit l’épidémie. Autrement dit : le gouvernement kenyan et les pays arabes s’attachent à protéger leurs populations, alors que la Cour européenne expose les nôtres au contact d’immigrés illégaux potentiellement à risque !

Ebola-Virus

Déroutante est la raison invoquée par l’agence FRONTEX (chargée de la coopération inter-pays sur les frontières extérieures de l’Union européenne) : la suspension pourrait durer plusieurs mois selon les prévisions des experts. « Jusqu’à ce que nous ayons l’assurance que l’épidémie est sous contrôle, l’agence n’organisera pas de vols de retour vers ces pays », a averti le directeur adjoint de l’agence.

La fermeture provisoire des frontières, ce serait logique et humain. Mais ce ne serait pas socialiste.

« À bas les frontières ! Personne n’est illégal », criait la « Caravane des sans-papiers et des migrants » à Bruxelles, au mois de juin. Personne ne sera plus illégal, mais tout le monde sera malade. C’est une vision progressiste et humaniste, il paraît.

Qui plus est, le contrôle par l’installation de centres d’isolement peut prendre une drôle de tournure : à Monronvia, la capitale du Liberia, sous l’attaque de pillards armés affirmant ne pas croire à la maladie (mais ils volent médicaments, couvertures et matelas), 17 malades atteints de la fièvre hémorragique se sont enfuis dans la nature, démultipliant ainsi les risques de contamination.

En outre, l’interdiction des expulsions est d’autant plus préoccupante que les clandestins, à peine débarqués, se comportent très mal. « Pour beaucoup d’immigrés, l’arrogance et le recours à la violence sont la norme », constate le COISP, un syndicat de police italien. En plus de risquer de prendre des coups, les policiers subissent aussi des crachats ; et quand on sait que le virus Ebola se trouve dans tous les liquides…

Il y a plus alarmant encore : l’entrée en Albanie via la Grèce de quarante Érythréens illégaux placés sous surveillance pendant 21 jours dans un hôpital situé à moins de 140 km du port le plus proche d’Italie. À tel point qu’une réunion de crise vient de se tenir à Nice, qui rapporte une augmentation de 500 % de l’immigration sur le sol italien entre 2013 et 2014. Et entre le 1er janvier et le 30 juin 2014, sur 61.591 irréguliers, 31 % sont originaire de l’Érythrée. Le problème, ce sont les répercussions en France : « Nous les vivons maintenant », explique un agent de la police aux frontières de la zone sud.

Mais pourquoi donc ne pas imiter le bon sens dont font preuve les pays précédemment cités ?

La fermeture provisoire des frontières, ce serait logique et humain. Mais ce ne serait pas socialiste.

Caroline Artus dans Boulevard Voltaire

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