En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

Mali

MaliLe général en chef des armées, François Hollande — à la manière de Sarkozy lorsque qu’il partait faire le mariole en compagnie de BHL, son médiatique guerrier, rouflaquettes tombantes sur le col d’une chemise immaculée — s’en est allé, à bord de Force Numéro 1, faire un petit tour au Mali, jusqu’à Tombouctou, sur les traces de Joseph Gallieni, sous protection des légionnaires du 2e REP, serrer au passage la cuillère de la population reconnaissante et des militaires de métier dont le job est tout de même de faire la guerre, que ce soit aux bédouins terroristes ou à d’autres emmerdeurs barbus ou pas.

Cette visite éclair du Président est une bonne chose. Pour François Hollande principalement, qui s’est vu offrir un jeune chameau. Pour les grands et petits reporters aussi, toutes options confondues : presse écrite, radio, télé, cameramen et photographes surtout, qui s’emmerdent du lundi au dimanche à Bamako et dans les villes conquises, contraints par l’Élysée et les galonnés qui n’en demandaient pas tant, de suivre le plus loin possible, comme des moutons, les forces armées françaises et maliennes qui, peinardement, d’après ce que nous dit le service de presse des armées et du ministère de la Défense « remontent victorieuses et conquérantes vers le Nord ».

Grâce au Chef de l’État (« merci patron ! » comme on dit en Afrique), les confrères ont pu se lâcher un peu, se dégourdir les pattes, photographier, filmer à outrance : les moindres faits et gestes de François Hollande arrivé en libérateur, les drapeaux maliens et tricolores agités par une foule en liesse, en délire, les boubous colorés serrant les fesses de jolies donzelles remuant du popotin, les cadeaux de bienvenue, les éternels palabres, les restes de manuscrits volontairement cramés par une escouade d’islamiques radicaux et abrutis, et même le GIGN, en poste depuis quelques jours, venu préparer le terrain des gardes du corps du chef de l’État, histoire de déjouer un attentat ourdi par un barbu mécontent.

Il ne fait aucun doute, en effet, que l’Élysée a donné les consignes pour que les confrères sur place depuis plus de quinze jours et ceux arrivés tout spécialement pour couvrir la visite du chef de l’État, transportés gratuitement dans Force Numéro 1, puissent en toute liberté exercer leur métier.

Sur le terrain, en revanche, c’est autre chose. À l’américaine, quasiment une première chez nous, les journalistes ne sont pas autorisés à se déplacer librement. Circulez, il n’y a rien à voir. Pas un cadavre de terroristes à se mettre sous l’œil, dans le viseur, pour finir sur le petit écran, encore moins celui d’un civil victime, certes regrettable, mais collatérale. Pas même celui d’une chèvre, d’un chameau, d’un bourricot qui n’aurait pas eu le pot de venir béqueter un épineux à proximité d’un pick-up bourré de barbus qu’un missile tiré de loin serait venu détruire.

Les confrères ne sont autorisés à crapahuter, puis à « taper » comme on dit, une fois que la femme de ménage est passée nettoyer le terrain. Ne leur reste plus qu’à se mettre sous la dent deux ou trois cases, repaires de terroriste anéantis, quelques carcasses de camionnettes noircies, calcinées, encore fumantes, des convois de militaires français qui déboulent dans les villes libérées, accueillis façon 14 juillet à l’africaine, des civils ravis de retrouver la liberté, quelques élus du coin qui blablatent après la bise, ravis de revenir, mais qui s’étaient tout de même courageusement barrés, laissant leurs concitoyens dans la merde aux mains des barbus…

Ce sont ces images qui tournent en boucle depuis des jours, ce qui n’a pas l’air de tournebouler grand-monde, surtout pas les spécialistes du monde arabe, de l’Afrique et de la défense nationale qui, à la place des grands reporters privés de terrain et de reportages, s’en donnent à cœur joie.

Faut dire que nous menons, sans tirer un coup de fusil, une guerre propre, joyeuse et sans morts. Il n’y a donc rien à écrire et si peu à photographier, à filmer…

Et qu’est-ce qu’on dit au monsieur ? Merci patron !

Jacques Tillier

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TouaregBV. Pensez-vous qu’intervenir au Mali aujourd’hui est une bonne idée ? N’aurait-il pas fallu agir lorsque le problème islamiste n’avait pas encore envahi toute la partie nord du territoire ?

BL. Bien entendu. Depuis les premiers évènements du 17 janvier 2012, une intervention sur le terrain aurait dû être envisagée. Il fallait agir plus tôt, lorsque l’incendie était encore limité. À l’époque, les islamistes étaient à peine 200 et les forces militaires auraient alors pu s’appuyer sur les Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).
Mais aujourd’hui, compte tenu de l’ampleur prise par la menace islamiste, il a fallu mettre en place une véritable expédition. Voilà le résultat des hésitations antérieures.

Depuis plusieurs mois, les Touaregs du MNLA ont proposé leurs services à la communauté internationale pour chasser les islamistes…

Battu par les islamistes, le MNLA est aujourd’hui retranché au nord du pays, à la frontière du Niger et de l’Algérie, mais il dispose encore d’une force qui sera très utile pour combattre les islamistes. L’origine du conflit réside dans le refus des Touaregs de devoir vivre dans le même État que les populations sudistes. Les islamistes ont profité de leur soulèvement pour s’introduire dans le jeu malien avant de les supplanter.
Ici comme ailleurs, la démocratie garantissant la victoire aux plus nombreux, les populations du nord ont toujours été lésées au profit des populations du sud. J’insiste sur le fait que, lorsque les Touaregs du MNLA ont lancé leur mouvement pour l’indépendance de l’Azawad, les islamistes, avec un grand sens de l’opportunisme, ont profité du chaos pour s’imposer dans le nord du pays. L’erreur de la France fut d’avoir laissé les islamistes repousser le MNLA et le chasser de Gao et de Tombouctou.

Si la déroute des islamistes se poursuit, où pensez-vous que ces différents mouvements se réfugieront ?

Ils ont perdu l’essentiel de leurs positions au Mali et vont désormais essayer de passer plus à l’est. Le Mali n’a jamais été un territoire favorable pour ces terroristes et ils se réfugieront donc dans les divers foyers d’agitation que sont le sud de la Libye, le Tchad, le Darfour ou encore le nord du Nigéria, où sévit la secte Boko Haram. A moyen terme, nous allons assister à l’embrasement de cette zone déjà très sensible.

Entretien avec Bernard Lugan réalisé par Jeanne Coral Boulevard Voltaire

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Au Mali, après Gao, Tombouctou, la « cité mystérieuse » qui fit tant rêver les explorateurs du XIX° siècle, semble désormais à la portée des combattants touaregs. Sans une intervention étrangère de dernière heure, on ne voit pas comment la ville pourrait leur échapper. Toute la rive nord du fleuve Niger sera donc entre leurs mains. L’actuel conflit a débuté le 17 janvier 2012, à Menaka et dans la région de Kidal, les Touaregs revendiquant l’autodétermination et l’indépendance, leur guerre étant destinée à « libérer le peuple de l’Azawag de l’occupation malienne ».

Plus à l’Est, en Libye, dans les régions de Sebha et de Koufra, les combats meurtriers entre les Toubou et les tribus arabes ont repris le 26 mars et les Toubou revendiquent désormais, eux aussi, un Etat indépendant. Comme la moitié de l’ethnie toubou vit au Tchad où elle est connue sous le nom de Goranes, les actuels évènements risquent d’y rallumer par contagion une autre guerre, interne celle là, entre les Toubou-Goranes et les Zaghawa qui sont au pouvoir à N’Djamena.

Voilà le double résultat de l’intervention franco-otanienne en Libye. Le président tchadien Idriss Déby Itno avait vu juste quand il avait mis en garde Paris, affirmant qu’elle allait déstabiliser toute une région aux fragiles équilibres[1].

Face à cette situation, qu’est-il possible de faire ?

Pour le moment, au Tchad, le président Déby a la situation sous contrôle, mais il ne peut pas laisser les Toubou de Libye se faire massacrer au risque de voir les Toubou-Goranes échapper à son autorité.

Au Mali, l’alternative est simple :

– Soit nous laissons le cours de la longue histoire reprendre son déroulé et nous admettons la réalité qui est que le Mali n’a jamais existé et que les Touaregs ne veulent plus être soumis aux Noirs du Sud. Dans ce cas, nous entérinons le fait accompli séparatiste et nous veillons à ce que les Touaregs qui auront obtenu ce qu’ils demandaient deviennent nos alliés dans le combat contre Aqmi.
– Soit, de concert avec les Etats de l’Ouest africain, nous intervenons militairement contre les Touaregs pour reconstituer une fiction d’Etat malien et nous jetons ces derniers dans les bras d’Aqmi avec tous les risques de contagion qu’une telle politique implique.

Bernard Lugan sur son blog

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aeroport.jpgPar Altermédia

Le tribunal correctionnel de Bobigny, déjà connu pour son laxisme, a relaxé, vendredi 29 février, une « Française », Khadija Touré, qui s’était opposée, à la reconduite à la frontière d’un Malien, en novembre 2006 en créant un scandale dans un avion.

« Je ne vois pas ce qu’on peut me reprocher« , a expliqué la jeune femme. Pour l’article 282-1 du code de l’aviation civile, ces faits constituent une « entrave à la circulation d’un aéronef », un délit passible de cinq ans de prison et d’une amende de 18 000 euros.

Visiblement, les juges de Bobigny ont estimé qu’agir par reflexe communautariste devait la placer au dessus de la loi française.

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