En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

Laurent Fabius

Les enjeux de politique internationale figurent rarement en première ligne lors des consultations électorales en France, et d’ailleurs dans la plupart des démocraties. L’élection présidentielle française ne semble pas contredire la règle. Parmi les thèmes qui ont émergé jusqu’à présent, le revenu universel, la baisse du nombre de fonctionnaires, le chômage, la sécurité sociale arrivent en tête, sans oublier les affaires…

Conflits n°13, avril-mai-juin 2017

Conflits n°13, avril-mai-juin 2017

Pourtant ces élections pourraient bien porter prioritairement sur la relation de la France et du monde. C’est sur ce sujet qu’Emmanuel Macron a commis son premier faux pas en allant en Algérie qualifier la colonisation française de « crime contre l’humanité », formule répétée une semaine plus tard. Chacun comprend qu’il s’agissait moins de géopolitique – redéfinir la relation tumultueuse avec Alger – que de politique intérieure – tenter de capter le vote des Franco-Algériens au risque d’encourager la victimisation. Comme l’expliquait Laurent Fabius (Conférence des ambassadeurs, 25 août 2015), il n’y a pas de coupure entre politique intérieure et extérieure.

Plusieurs candidats ont mis en avant leur personnalité, seule capable d’après eux de tenir tête à des personnages aussi forts que Donald Trump et Vladimir Poutine. Déjà les critiques ont fusé contre François Fillon et Marine Le Pen suspectés de vouloir rapprocher la France de la Russie. Pendant ce temps, Macron se plaint d’attaques informatiques venues de ce pays. Ces rumeurs vont s’amplifier, elles sont trop commodes, et elles sont à la mode…

Les relations de la France et du monde passent au premier plan des préoccupations de l’opinion. Une question éminemment géopolitique.

Il est une autre raison qui devrait placer les relations de la France et du monde au coeur de la campagne. Selon un sondage OpinionWay du 16 février, l’axe mondialisation/antimondialisation est devenu plus important pour les électeurs que l’axe gauche/droite. Pour juger un candidat à la présidentielle, 53% disent tenir compte de son attitude à l’égard de la mondialisation et 44% de sa position entre gauche et droite. Seuls les inactifs et donc les seniors, privilégient le clivage gauche/droite. Ce dernier n’a pas disparu, mais il paraît secondaire.

Rien n’indique comment se positionnent les sondés – pour ou contre la mondialisation –, rien ne permet de dire quel candidat ou quelle candidate profitera de cette polarisation. Les milieux populaires, présentés comme hostiles, sont les plus sensibles au thème de la mondialisation, mais les classes moyennes ou supérieures le privilégient elles aussi alors qu’elles sont censées en profiter.

Faut-il en conclure qu’un nouveau paradigme politique apparaît en France, comme cela s’est produit aux États-Unis et au Royaume-Uni lors des derniers scrutins ? Il faut garder prudence. Le clivage gauche/droite n’a pas disparu. Il retrouvera son importance lors des élections législatives – un peu comme le clivage républicains/démocrates a gardé toute sa pertinence lors des élections au Congrès américain.

Reste que les relations de la France et du monde passent au premier plan des préoccupations de l’opinion. Une question éminemment géopolitique.

Pascal Gauchon dans  la revue

Comme l’aime à le dire Laurent Fabius : « Du bon boulot ! »

Le groupe terroriste Front al-Nosra, récemment rebaptisé Front Fatah al-Cham, a revendiqué l’assassinat de l’ambassadeur russe survenu le 19 décembre à Ankara.  Continuer la lecture

Le tribunal de Moscou examine l’affaire sur le coup d’Etat en Ukraine. L’audience s’est tenu hier, le 15 décembre. À l’origine, la plainte déposée par un ancien député ukrainien V. Oliynik. Il affirme que Poroshenko est un président illégitime. Le plaignant insiste que l’ancien chef de la diplomatie française Laurent Fabius, son homologue polonais Radoslaw Sikorski, le ministre des affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier et l’ex président ukrainien Victor Ianoukovitch sont aussi des parties concernées. Pourtant, seul l’ex chef d’Etat ukrainien a comparu à titre de témoin.

Un petit flash back

En 2014, Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, les trois ministres des affaires étrangères dépêchés par l’Union Européenne, se sont entretenus pendant plusieurs heures avec Viktor Ianoukovitch afin de négocier un plan de sortie de crise.
Le 21 février 2014, les deux parties ukrainiennes qui s’affrontaient et les Ministres des Affaires Etrangères des pays européens qui se trouvaient à Kiev (dont Laurent Fabius) ont signé un accord prévoyant une solution politique incluant toutes les parties – et pas seulement, comme c’est le cas depuis, les oppositions à Ianoukovitch. Or, les représentants européens ont garanti le respect de l’accord. Néanmoins, selon Oliynik, l’opposition l’a violé presque le même jour. Maintenant l’ex député accuse les leadeurs européens d’être impliqués dans le coup d’Etat en Ukraine. Continuer la lecture

Alep outragé, Alep martyrisé mais Alep Libéré ? L’armée de la République Arabe Syrienne, appuyée par l’aviation russe, des formations chiites libanaises et iraniennes (Téhéran a également enrôlé dans ce conflit des chiites étrangers installés en Iran, Afghans notamment),  est en passe de reprendre cette cité réduite à l’état de ruine. La vieille-ville, au patrimoine remarquable systématiquement saccagé par les milices djihadistes, est désormais contrôlé  par les forces loyalistes. Le président syrien Bachar el-Assad a certes exprimé l’avis de tous les observateurs en affirmant, dans un entretien  accordée au quotidien ( syrien)  Al Watan,  que la défaite  des  fous d’Allah  à Alep  était un  tournant dans le conflit  mais que le terrorisme n’était pas encore vaincue.  Réjouissons-nous déjà de la fin annoncée  du calvaire  enduré par les 200 000 habitants d’Alep, victimes  collatérales, mais bien réelles hélas,  des bombardements , mais aussi utilisés comme boucliers humains par les djihadistes et les rebelles qualifiés de « modérés » selon la légende dorée officielle. Sergueï Lavrov le ministre russe des Affaires étrangères a confirmé hier une interruption des combats pour faciliter l’évacuation de 8000 civils.

Continuer la lecture

Le pire ministre des affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.
Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.
Le partant était un pilier du « groupe des Amis de la Syrie », dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’OTAN sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser notre pays à l’avant-garde des va-t-en guerre de la vertueuse « communauté internationale ». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il « reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions », insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?
Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale », s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de « l’Etat profond » des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi – NDLR), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.
En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le net avec un titre en forme de question qui tue : « A quoi servent les sanctions contre la Syrie ? » Celle-ci, note le commentaire écrit, « fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé ». Il faut « punir et étouffer économiquement le régime de Bachar al Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif ». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine

Continuer la lecture

La télévision française changerait-elle de cap ? Dans ce reportage de France2, le discours sur la Syrie est complètement différent de celui que nous entendions jusqu’ici. Mieux vaut tard que jamais. Ce nouveau discours a encore besoin d’un peu de maturité, mais c’est déjà énorme. Pour continuer sur la bonne voie, il faudra à la télévision française le courage de se poser quelques questions fondamentales, parfois suggérées dans ce reportage, mais sur lesquelles on a glissé un peu trop rapidement. RI

***

Une fois n’est pas coutume, nous relayons l’information sur ce reportage de France2 diffusé hier soir sur le conflit en Syrie : « Un Œil sur la planète. Syrie : le grand aveuglement » .

Ce revirement éditorial de la chaine publique marque-t-il un virage à prévoir dans la position française vis-à-vis de ce conflit ? Le récent départ de Laurent Fabius du ministère des Affaires étrangères a-t-il quelque chose à voir avec un changement vers une posture plus médiatrice de la France ? Toujours est-il que nous vous conseillons vivement de regarder ce reportage de Samah Soula.

Source: reseauinternational.net via source: http://ilfattoquotidiano.fr

gelel-attarUn « Belge » d’origine marocaine, lié directement aux auteurs des attentats du 13 novembre, a été arrêté au Maroc. Le ministère indique qu’il a combattu en Syrie dans les rangs du Front al-Nosra (à propos duquel Laurent Fabius affirmait qu’il « fait du bon boulot»), la branche syrienne du réseau Al-Qaïda, avant de rejoindre le groupe jihadiste Etat islamique.

Laurent Fabius est en ce moment très malheureux. Voilà que, pris d’un excès de lucidité, Hollande est en marche pour briser sa si jolie politique étrangère. Ne vient-il pas, comme on tire la poignée de secours, de demander au Conseil de Sécurité de fédérer la « Communauté internationale » contre Daech ?

La France, faisant semblant de ne pas perdre la face, pourrait alors faire un énorme pas de côté et rejoindre le camp du bon sens : les gens de Daech ne sont pas vraiment des types fréquentables. En revanche, pour Fabius, leurs collègues d’Al Nosra (petit nom d’Al Qaïda en Syrie) étaient jusqu’au aujourd’hui des gens admirables, des guerriers de la démocratie faisant du « bon boulot ». Patatras, voilà que ces admirables barbares, dans un communiqué, viennent d’approuver l’action exemplaire de leurs collègues de Daech engagés dans les attentats du vendredi 13. Laurent, il est temps de rendre ton tablier pour retourner faire du cheval. Pour le remplacer il semble que Guigou soit en selle… Ca ne peut pas être pire. Continuer la lecture

Selon le spécialiste en psychopathologie Sefi Slamane, sur RTL ce 14 novembre « Cela fait des années que des puissances extérieures manipulent des organisations au Moyen-Orient et l’on ne doit donc pas être étonné des conséquences chez nous aujourd’hui. Le but et la stratégie des terroristes est de semer l’effroi. » 

Si l’on s’en réfère aux diverses déclarations des gouvernements européens depuis plus de quatre ans, l’homme à abattre était Bachar Al-Assad qui « ne méritait pas de vivre !». Comment s’étonner dès lors que des milliers de jeunes issus de l’immigration soient partis faire leur « djihad » en Irak ou en Syrie et rejoindre les terroristes takfiristes de DAESH ou du Front Al-Nostra ? Ces mêmes idéalistes encouragés à l’origine par les princes qui nous dirigent sont par la suite (au printemps 2014) montrés du doigt et poursuivis comme terroristes ennemis de la vieille Europe… comprenne qui pourra.

« Vigipirate » ou  « Sentinelle »,  à quoi ça sert ? 

On pourra se souvenir des attentats de Carlos au pub Saint-Germain dans les années 70, des attentats du GIA dans le RER parisien en 1995 ou encore de ceux commis à Madrid à la gare Atocha en 2004 et à Londres en 2005, pour constater que depuis 20 ans les eurocrates sont incapables de mettre en place des mesures de protection des territoires. Aucun progrès, rien de plus pour assurer une meilleure sécurité de la population ; seules des déclarations lénifiantes des gouvernements de « gôche » comme de droite qui se sont contentés d’ânonner les sempiternelles litanies concernant la « démocratie », la « solidarité », « l’humanisme » ou « l’horreur de ces actes barbares » …fermez le ban ! Et place à l’intoxication. Continuer la lecture

Rien ne va plus pour les agresseurs de la . Une fois de plus, serions-nous tentés de rajouter. La coalition arabes du golfe / atlantistes semble avoir été prise de vitesse par l’armée arabe syrienne. Les forces Syriennes sont en passe de reprendre , alors que la construction d’un scénario crédible qui aurait amené des actions directes des Etats-Unis en profondeur ou dans des zones comme n’a pas eu le temps de se mettre en place. Continuer la lecture

Ce Damien Viguier s’est entretenu avec Françoise Compoint de La Voix de la Russie sur les plaintes déposées contre le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius pour complicité de crimes commis en Syrie :

source: egaliteetreconciliation.fr

Connexion
Art. récents
mai 2017
MTWTFSS
« Apr  
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031 
Archives