En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

Par Olivier Carer

Du fait de mon activité professionnelle, j’ai eu la chance de faire partie des quelques privilégiés qui assistaient à la conférence de Bill Gates au siège du Medef.
La venue de cet entrepreneur mythique, avec sa chevelure en bataille et ses faux airs d’adolescent, constituait dans le monde de l’entreprise française un réel événement.
La conférence se déroula en trois parties. Chacune d’entre elles permit de juger les qualités de cette personnalité extraordinaire.

Le geek : une passion intacte

D’entrée, un exposé sur la révolution informatique de la prochaine décennie nous montra un homme mu par une passion intacte et une surprenante simplicité : tel un vendeur désireux de convaincre un client, l’homme le plus riche du monde et peut-être le plus puissant, détailla avec un enthousiasme sincère les futures innovations de Microsoft. Sur le fond, notons que contrairement à ce que la grande presse affirme souvent, sa firme entend se consacrer essentiellement à l’amélioration de la productivité du travail par l’informatique pour favoriser la croissance et non à l’informatique de grande consommation.

Le dirigeant d’entreprise : une leçon entrepreneuriale

La seconde partie fut l’occasion d’une série de questions réponses qui permit à Bill Gates de donner une véritable leçon de liberté économique aux patrons français présents. Jamais pourtant, il ne se départit de sa délicate courtoisie.
De manière naïvement révélatrice, un chef d’entreprise demanda quelles mesures un gouvernement devait prendre pour favoriser le développement des start-up. Dans sa réponse d’une réelle habileté, le dirigeant de Microsoft rappela que la clé du succès résidait dans la capacité d’innover, de créer des synergies entre sociétés, d’organiser des fusions et de nouer des partenariats avec les universités y compris avec des intéressements…En guise de conclusion, il se contenta de laisser tomber : « il convient que l’Etat n’entrave pas l’activité des entreprises ».

Ainsi dans le saint des saints d’un patronat français profondément formaté par l’économie dirigée, un américain venait rappeler que le rôle de l’Etat n’était pas de biberonner les entreprises mais de les laisser travailler. La presse n’a rien vu et, en tout cas, rien dit de cette petite séquence assez éloquente.

Le mécène privé: le réalisme économique

La troisième partie de son exposé fut la présentation de son concept de « capitalisme créatif » qu’il avait développé quelques jours plus tôt dans le cadre de Davos.
Avec un esprit incontestablement universaliste, il détailla les actions de mécénat en faveur d’un développement des pays qui décrochent. Le plus intéressant fut de constater qu’une action humanitaire concrète pouvait être envisagée sans intervention de l’Etat avec un souci d’efficacité et de réalisme économique. Toujours soucieux de rester dans le concret, il a notamment présenté l’association de Microsoft avec des firmes pharmaceutiques pour la recherche de vaccins particuliers destinés aux pays pauvres.

Pour tous les Français, même dirigeants d’entreprises, finalement très habitués à se tourner vers l’Etat, la démonstration de Bill Gates releva, sans y paraître, d’une démarche quasi révolutionnaire.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)
Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Connexion
Art. récents
septembre 2014
LMaMeJVSD
« août  
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 
Archives