En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

Le cardinal Renato Raffaele Martino affirme que dans le cas de Saddam Hussein, la peine de mort « n’est pas nécessaire ». Il recommande par ailleurs que les tribunaux ne soient pas aux mains des « vainqueurs » des conflits, pour sauvegarder leur impartialité.

Le président du conseil pontifical Justice et Paix a expliqué dans les colonnes du « Corriere della Sera »: « Lorsqu’elle n’est pas nécessaire, la peine de mort est un crime ; et dans ce cas, elle n’est pas nécessaire. Et ma conviction est qu’il est contradictoire de punir un crime par un autre, c’est céder à la logique de la vengeance, de l’œil pour œil, dent pour dent ».

La nouvelle de la condamnation de l’ancien chef de l’Etat irakien est parvenue en effet dimanche matin.

Pour le cardinal Martino, ce fut une erreur de ne pas confier le procès de Saddam Hussein à un tribunal international, comme celui de La Haye, qui, justement, « exclut la peine de mort, parmi les peines possibles ».

Le cardinal Martino voit en effet dans l’abolition de la peine de mort un « saut de civilisation », un saut que « le nouvel Irak n’a pas eu le temps de faire », et il serait décisif de faire un « autre pas en avant » en confiant les crimes politiques, et de guerre, à des tribunaux internationaux, en soustrayant le jugement au vainqueur ».

Dans cette optique, le cardinal Martino évoque les « limites évidentes » d’un procès comme celui de Nuremberg, au lendemain de la seconde guerre mondiale, en affirmant : « On ne peut pas confier une œuvre de justice, qui réclame impartialité de jugement – aux tribunaux des vainqueurs ».

Les « tribunaux de vainqueurs » devraient, affirme encore le cardinal Martino, « appartenir au passé », tout comme les guerres « appartiennent au passé ».

Le président de Justice et Paix espère pour l’humanité de demain que « dans le dépassement de l’usage de la force pour régler les conflits entre les peuples et le dépassement du principe de vengeance dans les jugements sur les responsabilités des chefs militaires et politiques ».

Mais si l’on n’applique pas la peine de mort à quelqu’un comme Saddam Hussein, à quel cas l’appliquer ? « Ce n’est pas la culpabilité de Saddam qui est en question, explique le cardinal Martino, mais la nécessité de la peine capitale. Selon la doctrine sociale de l’Eglise catholique, établie par Jean-Paul II, dans l’encyclique « Evangelium Vitae », il n’est pas légitime de mettre quelqu’un à mort lorsqu’il y a d’autres moyens pour l’empêcher de nuire, et cela vaut certainement pour Saddam Hussein. Vivant, il serait au contraire un avertissement pour tous depuis sa prison ».

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