En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

La première fois que François Fillon a évoqué une possible faillite de la France, c’était en septembre 2007, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. En déplacement en Corse, le tout nouveau Premier ministre avait alors constaté : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d’un Etat qui est depuis quinze ans en déficit chronique, je suis à la tête d’un Etat qui n’a jamais voté un budget en équilibre et cela depuis plus de 25 ans. »Cette déclaration avait à l’époque attiré à l’imprudent les foudres du président de la République et de l’ensemble de la classe politique, de la gauche à la droite en passant par le centre. Comme la chanson : le premier qui dit la vérité… Dominique de Villepin, qui était encore à Matignon quatre mois auparavant, affirmait avoir laissé l’Etat « dans une meilleure situation » et se flattait d’avoir mis en œuvre « une politique de désendettement qui avait amélioré les choses ».
Vraiment ? Entre l’arrivée de Villepin aux affaires en 2005 et son départ deux ans plus tard, la dette de la France avait augmenté de 64 milliards d’euros. Ce n’est pas mal… Puisque nous en sommes aux chiffres, restons-y. Que mes lecteurs me pardonnent de leur en infliger d’autres, en cascade, qui dressent mieux qu’un long discours le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Depuis 2007, la dette française est passée de 1 211,6 à 1 692,7 milliards d’euros au deuxième trimestre 2011 : soit de 64,2 à 86,2 % du PIB, 22 points de plus ! Et nous finirons probablement l’année 2 011 à 90 %.
La dépense publique a augmenté de 991 milliards d’euros (52,4 % du PIB 2 007) à 1 094,5 milliards (56,6 % du PIB).
Ces chiffres ne sont pas tirés du chapeau de Nicolas Sarkozy ou d’un autre illusionniste de talent, mais des lois de finances de l’Etat et de la Sécurité sociale. Les gouvernants nous ont donc menti sans vergogne en brodant sur le prétendu « gel » de la dépense publique. Comme Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie, nous mentait lorsqu’elle affirmait, voilà deux ans, que la crise était derrière nous. De deux choses l’une : soit l’actuelle présidente du Fonds monétaire internationale est complètement incompétente, soit elle trompait sciemment les Français. Je ne crois pas à l’incompétence de Mme Lagarde.
En revanche, je crois que pour notre classe politique, si prompte à donner des leçons de démocratie au monde entier, le mensonge est un mode habituel de gouvernement. Aujourd’hui, François Fillon agite de nouveau le spectre de la faillite et plus personne ne songe à le contredire. Mais personne n’ose dire non plus qu’il continue à mentir en parlant d’austérité et de rigueur. Car l’Etat ne coupe nullement dans ses dépenses, il augmente simplement les impôts et les taxes. Voilà pas si longtemps, Nicolas Sarkozy disait pourtant n’avoir pas été élu pour augmenter les impôts. Qu’aurait-ce été sinon ! Le total des prélèvements obligatoires, qui s’élevait à 822,1 milliards d’euros en 2010, atteindra 920,9 milliards d’euros en 2012, selon les prévisions du ministère de l’Economie, soit une augmentation de près de 100 milliards en deux ans…
Fatalité ? Mais l’Allemagne, en tête du peloton européen, baisse ses impôts au lieu de les augmenter. Quant à l’Italie, dont l’économie n’est pas beaucoup plus mal en point que la nôtre, son budget serait à l’équilibre sans les intérêts de la dette (Mario Monti peut remercier le vilain Berlusconi) ; tandis que si l’on retranche les intérêts de la dette du déficit français (96 milliards d’euros), il reste encore un trou de près de 50 milliards !
La langue française évolue : il semble que dans le dictionnaire de nos politiques, fatalité est synonyme de pusillanimité.

Eric Letty dans Monde & Vie

Une réponse à LE DEFICIT, LA DETTE ET LE MENSONGE FRANCAIS

  • De toute façon la France qui a le meilleur système sociale du monde ne peut pas s’en sortir .
    Pourquoi :
    Notre système sociale nous le partageons avec le monde entier ( voir la rue , nos hôpitaux etc ) . Mais nous , nous cotisons , mais le monde entier ne cotise pas , mais profite .
    Chaque année entre deux et 400 000 allogènes immigrent chez nous pour devenir une charge . Notre système sociale ne peut que faire faillite et entrainer notre société dans la misère .
    A Lampedusa certains ont compris et n’ont pas hésiter à bruler la voiture du PDG Gono Galipo du centre d’accueil pour lui signifier sa suffit .
    Nous devons demander des comptes à toutes les organisations humanitaires , contre le racisme , droit au logement etc pour qu’ils arrêtent de piller la France au profit des allogènes .
    Notre dette baissera et si nous sommes encore dans la mer.. se sera la notre .

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