En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

psyopsLa guerre psychologique est aussi vieille que la guerre, puisqu’il s’agit de convaincre l’adversaire de céder sans avoir besoin de le combattre. Ou, au moins, d’affaiblir suffisament sa volonté pour triompher de lui plus facilement.

L’historien Paul Villatoux vient de consacrer un livre, très richement illustré à « la guerre psychologique des origines à nos jours ». Une mine de documents et de récits, souvent peu ou mal connus, tant les opérations psychologiques sont l’objet de fantasmes.

Pratiquées depuis toujours, le concept de Psychological Operations (PsyOps) a été conceptualisé en 1945 par un officier de marine américain, Ellis M. Zacharias. Les Français lui emboiteront rapidement le pas avec le terme d’ « action psychologique » qui sera formalisé par « l’instruction provisoire TTA 117 » de 1957, grâce aux travaux du colonel Lacheroy. « De 1957 à 1960, l’Algérie s’impose comme le champ d’action privilégié pour l’emploi, sur une vaste échelle, de l’arme psychologique que sont chargés de mettre en oeuvre les Cinquièmes Bureaux récemment créés », écrit Paul Villatoux. Mais « le discours qu’ils s’attachent à promouvoir finit par entrer en contradiction avec la volonté politique du général De Gaulle ».

Eternelle contradiction des opérations psychologiques où l’on demande à des militaires de tenir un langage politique auprès des populations. Après l’Algérie, les PsyOps disparaitront au sein de l’armée française, réapparaissant prudemment avec les opérations extérieures, à partir des années 1990.

Le livre de Paul Villatoux (qui a fait appel à d’autres auteurs pour certains chapitres : François Chauvancy, Pascal Le Pautremat, Marie-Catherine Villatoux et Michel David) regorgent d’exemples historiques. On lit avec beaucoup d’intérêt la partie consacrée au « facteur psychologique dans les guerres indiennes des plaines d’Amérique du nord, entre 1860 et 1890 » ou le récit du raid de propagande de l’aviateur français Anselme Marchal sur Berlin en 1916.Plus près de nous, la guerre du Vietnam : « entre 1965 et 1972, près de cinquante milliards de tracts, et notamment de nombreux sauf-conduits sont distribués, principalement par avion, sur le Vietnam ». Les Américains estiment que cette action aboutit à « rallier » près de 200.000 ennemis. Mais comme l’avance l’auteur, « l’impact réel des PsyOps demeure toujours très difficile à évaluer »

Paul Villatoux, « La guerre psychologique des origines à nos jours »L’Esprit du livre Editions, 396 pages (et plus de 400 photos). 45 euros

Source: Secret Défense

5 réponses à Conseil de lecture: La guerre Psychologique des origines à nos jours

  • To win or to lose, that’s all.

    Gagner ou perdre, c’est tout !

    Il ne s’agit pas d’être honnête ou malhonnête, il ne s’agit pas de faire le bien ou de faire le mal, il ne s’agit pas de mentir ou de dire la vérité, il ne s’agit pas d’être riche ou d’être pauvre, il ne s’agit pas d’être démocrate ou tyran, il ne s’agit pas d’être coupable ou innocent, il ne s’agit pas d’avoir raison ou d’avoir tort, il ne s’agit pas d’être humaniste ou sans coeur……..il s’agit de vaincre, rien d’autre, peu importe les moyens.

    Les français ont beaucoup de mal à comprendre cette mentalité, pourtant toute simple, ils sont naïfs, comme ça a été remarqué dans le passé.

    Il y a peut-être une faute d’orthographe anglaise……………..??? Nelly ? un o ou deux o ?

  • Jho,
    Un O ca suffit ! 2 O ca veut dire relacher, ample..
    Il y en a beaucoup qui font la faute.

  • La guerre psychologique est apparenté à la guerre réelle, avec des procédés d’attaque et d’autres de défense.
    Dans l’attaque: critiquer, dénigrer, calomnier.
    Dans la défense : le mensonge, la mauvaise foi.
    Il a y aussi des procédés de contre-attaque ou d’attaque préventive: les inversions accusatoires et ce qu’on appelle les contre-feux, on accuse une personne AVANT qu’elle ne nous accuse.
    Il y a les histoire de yin et de yang, la ruse, la douceur, le féminin, et la force brute.
    On utilise la tromperie pour attirer l’ennemi dans un piège, le yin, puis la force pour l’anéantir, le yang.
    C’est Sun Tze qui explique un ou deux trucs dans l’art de la guerre.
    Une fois qu’on a compris la mentalité à l’oeuvre, c’est assez facile à comprendre.

  • Dans le genre Guerre Psychologique, il y a le fameux livre de Roger Holeindre, qui traite du sujet, sans aller aussi loin que Villatoux.

    C’est un très bon livre, qui en dit long sur le jeu démocratique de dupes qui existe en France, de la première guerre mondiale à la guerre d’Algérie, cette dernière n’étant pas encore finie, selon Roger Holeindre, car la suite de la guerre d’Algérie continue enFrance depuis 1962….
    Un ouvrage édifiant !
    A lire !

  • La guerre est un moyen non rationnelle pour régler un conflit. L’environnement où vivent des êtres vivants, est un endroit fragile. La guerre detruit une partie de l’ écosystème et déstabilise l’harmonie systémique du lieu conflictuelle. Les problèmes se multiplies et les conflits s’accentues. La machine de guerre est une aberration qui mène au Chao. Il est clair qu’il a une certaine stabilitée avec des structures qui maîtrise des populations données. Mais les gens qui contrôle ces structures causes des dommages collatéraux. La guerre n’est jamais la solution. La paix est la structure primaire qui amène une harmonie pour tous et une stabilisation systémique bienfaitrice.

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