En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

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Libre Journal du Parti de la France – Émission… par Agence2Presse

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DERRIERE LE MALI, L’ALGERIE ?
En laissant pourrir la situation, Alger poursuivrait plusieurs buts

Michel Lhomme
le 16/04/2012

Au Mali, la crise au moins politique, a commencé à nettement se dénouer la semaine dernière, le médiateur désigné par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest ayant obtenu l’investiture de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, comme chef de l’Etat par intérim. Les négociations sont en cours pour désigner un Premier ministre doté des « pleins pouvoirs » pour diriger un gouvernement d’ »union nationale », comptant une vingtaine de personnalités « consensuelles », auquel participeront des membres de l’ex-junte ayant renversé le précédent président. Il devra préparer les élections.

Dioncounda Traoré

Pour Paris, on l’aura compris, il faut faire vite et l’urgence n’est pas constitutionnelle : il s’agit, avant tout, de reprendre la main et tenter de pacifier le Nord, qui a achevé de tomber aux mains de rebelles touareg, d’islamistes armés et de divers groupes criminels.

Sur le plan militaire, la situation demeure mouvante, alors que la CDEAO menace d’une opération militaire pour conjurer la partition du Mali. Un nouveau groupe armé dénommé «Front de libération nationale de l’Azawad» (FLNA), qui revendique 500 éléments, vient de se former et serait composé, quasi exclusivement, d’Arabes de la région de Tombouctou. Comme nous l’avions dit, la rébellion touareg laïque du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a proclamé «l’indépendance» du Nord, rejetée catégoriquement par la communauté internationale.

Ne pas oublier que la misère est aussi mère des désordres

Mais, sur le terrain, les islamistes semblent avoir pris l’ascendant, en particulier le groupe Ansar Dine, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Un autre groupe, considéré comme dissident, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) –responsable du rapt en octobre 2011, dans l’ouest de l’Algérie, de trois Européens– a revendiqué l’enlèvement du consul algérien et de six membres de son équipe à Gao (nord). Bref, des rivalités de bandes, sous le couvert de l’Islam, pour se partager le magot, ou ce qu’il en reste encore.

Ansar dine, Aqmi, Mujao : une multitude de groupes dissidents

A côté de cela, il faut insister : la crise humanitaire ne cesse de s’aggraver dans tout le Sahel. Cette crise est, certes, liée à l’occupation et aux combats mais pas seulement ; c’est tout le Sahel qui a faim. D’ailleurs, la semaine dernière, l’ONU, réuni à Rome, a demandé 723 millions de dollars pour aider la région. 12 millions de personnes sont menacées par la famine. Cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, et Niger) ont déclaré une situation d’urgence et ont appelé à l’aide internationale. Dans le Sahel, la soi-disant « saison de la famine » démarre normalement à partir de mai/juin mais, cette année, à cause des mauvaises récoltes de 2011 et de la sécheresse qui sévit dans la région, la crise alimentaire risque de commencer dans les prochaines semaines.

Nous avons, à plusieurs reprises, indiqué que l’Algérie était la clef de la crise malienne ; ce que confirme l’enlèvement, bien calculé, de son consul. Ce qu’on est alors légitimement en droit de se demander, en tant que français et ami du Mali, c’est quelles sont les responsabilités directes de l’Algérie dans les événements et l’évolution, somme toute très rapide, de ce nouveau désordre régional ? L’Algérie n’a-t-elle pas voulu commémorer les accords d’Evian à sa manière ?

Quel jeu joue Alger

De toute évidence, l’Algérie ne peut pas être absoute de cette atteinte à la souveraineté malienne et à son intégrité territoriale. Elle partage une frontière de plus de 1 300 kms avec le Mali et elle est le leader incontesté de cette région du Sahel. De plus, sa puissance militaire est sans commune mesure avec celle, quasi ridicule, du Mali, du Niger ou de la Mauritanie. L’avancée des rebelles touaregs indépendantistes du MNLA, des terroristes d’Ansar Dine et d’Aqmi à l’extrême-nord du Mali, c’est-à-dire à partir du territoire algérien, interpelle raisonnablement les services de renseignement français quant à une probable complicité des autorités algériennes dans cette incursion. Pourquoi ? Quels gains l’Algérie escompte-t-elle obtenir de cette opération de déstabilisation et de partition d’un Etat souverain ?

derrière le Mali, l’Algérie

Dans un précédent texte, nous avions souligné que depuis l’intervention de l’Otan en Libye, l’Algérie était prise en tenaille. Il est, en effet, vital pour elle de disposer d’un glacis au Sud pour contrôler toute tentative de déstabilisation touareg. N’oublions pas que l’Algérie est en état de coma, sous respiration artificielle, avec une révolte sociale et des rébellions séparatistes qui grondent de partout. Son armée est professionnelle et il est clair que, si elle avait voulu appliquer sincèrement les accords militaires de coopération avec les pays de la région, elle aurait pu non seulement écraser les terroristes d’Aqmi, mais aussi contrôler efficacement tout son territoire saharien et mettre un terme à toute menace contre les autres Etats qui lui sont limitrophes.

Il s’ensuit, donc, que les autorités militaro-civiles algériennes n’ont jamais vraiment cherché à lutter contre les terroristes d’Aqmi et certains des groupuscules touaregs qui lui sont inféodés. De fait, l’Aqmi n’occupe pas, par hasard, l’extrême-nord du Mali c’est-à-dire justement le contrôle de la frontière algéro-malienne. L’Aqmi est une hydre créée par l’Algérie à partir d’éléments du Groupe Islamiste Armée (GIA), d’anciens militaires algériens et des agents des services sécuritaires algériens. L’Algérie aurait décidé de laisser faire l’Aqmi pour bouter ses militants d’Algérie et les rediriger vers le Mali afin –c’est évident–de créer une zone de non droit, une zone tampon, au nord du Mali pour se protéger. Mais, pas seulement ! C’est aussi pour assurer la pérennité de la criminalité transnationale de la région, notamment le trafic de drogues dures dans lequel –ce n’est un secret pour personne !- sont impliqués de grands pontes algériens et le haut-état major.

Reste sans doute bien d’autres mobiles pour l’Algérie : favoriser l’entreprise nationale pétrolière Sonatrach dans la prospection et l’exploitation, en toute liberté, du riche potentiel en gaz et pétrole récemment découvert au nord du Mali et par là, faire concurrence à Total, mater toute tentative de revendication indépendantiste ou autonomiste des Kabyles et des Touaregs algériens, en laissant libre, quoique sous surveillance rapprochée, les terroristes islamistes, avant toute chose « arabes », de perpétrer des attentats, enlèvements, meurtres, bref de semer l’insécurité dans toute la Kabylie rebelle et le Sud de l’Algérie et enfin – mais, ce n’est pas rien pour un Algérien !- punir Bamako de ses excellentes relations avec le Maroc.

Pour toutes ces raisons, après tout justifiables d’un point de vue nationaliste algérien, l’Algérie aurait opté pour l’indépendance ou une forme d’«occupation » du Nord Mali, sachant qu’en plus la France se trouvait en pleine campagne électorale et affaiblie par l’affaire Mohamed Merah.

Et quel jeu joue aussi la France ?

Récemment, des centaines de manifestants touaregs algériens s’étaient soulevés dans le sud, notamment à Tamanrasset, s’attaquant aux symboles de l’Etat et réclamant un statut d’autonomie, voire leur indépendance. La percée malienne tue la rébellion dans l’œuf, anéantit tout espoir de changement pour les Touaregs algériens. Or, le gouvernement algérien a toujours considéré les revendications des Touaregs comme un danger pour la stabilité du pays. C’était, d’ailleurs, pour cette raison qu’Alger avait activement milité pour éteindre l’insurrection armée des Touaregs au Niger, insurrection qui s’était soldée par la conclusion d’un accord de paix signé, lieu hautement symbolique, à Tamanrasset, en 1997.

Quel jeu joue la France ?

Alors, quelle sera l’attitude de la France par rapport à ce coup de force algérien ? Les Etats-Unis, quand même de plus en plus inquiets de la tournure mafieuse du régime d’Alger et de ses mandats à vie, sont-ils derrière tout cela, les vrais maîtres du jeu ? L’Algérie ne serait-elle pas au bord du gouffre et confronté, inéluctablement, à un avenir prochain dramatique, tandis que toute sa jeunesse rêve soit de venir en France, soit de salir l’ex-puissance coloniale ?

La France souhaite défendre le principe de l’intangibilité des frontières africaines et de surcroit maliennes mais, en même temps, elle a intérêt à ce que l’Algérie n’explose pas tout de suite. Elle peut donc voir dans le calcul algérien une garantie de sécurité au sud de l’Algérie. Lorsqu’un pays, comme la France, abrite sur son sol la plus forte diaspora algérienne en exil, à la fois économique et politique, il peut être amené à renoncer à une diplomatie francophone classique, accepter l’abdication de souveraineté d’un pays tiers pour la défense d’intérêts sécuritaires à court terme. Qui oserait, en effet, aujourd’hui, à Paris, lâcher l’Algérie ?

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