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Comment dit-on "cocorico!" en américain ?

C’EST UN FILM AMERICAIN QUI RECEVRA UN OSCAR

La triste réalité derrière les cocoricos français

Robert Guerre
le 18/02/2012
La propension des Français à se gargariser de la moindre distinction, obtenue dans quelque domaine que ce soit, est légendaire. Dès qu’un sportif français a le bonheur de gagner une compétition, le peuple de France est champion du monde. Dès qu’un artiste a un quelconque succès international, la planète est à leurs pieds. Dès qu’un chercheur fait une découverte, ils deviennent les sauveurs du monde.

Le coq gaulois n’a aucune espèce de modestie et a le « cocorico » facile. Cela se vérifie, bien entendu, dans l’activité cinématographique . Le César » c’est bien, « l’Oscar » c’est mieux. Nos « élites » du microcosme pelliculaire ne raisonnent qu’à l’aune des jugements des « States », la terre promise.

Il y a quelques années, il fallait voir le déferlement médiatique quand le film « La Môme », qui retraçait la vie de cette grande chanteuse qu’était Edith Piaf, a été primé Outre-Atlantique. Je vous l’accorde : cette récompense était méritée. Mais, pour autant, fallait-il faire de la surenchère dans l’exaltation de « cet esprit français à nul autre pareil » que l’on vous servait dans les salons de l’intelligentsia parisienne ?

Marion Cotillard « La môme »
Aujourd’hui, on nous repasse les plats à propos du film « The Artist » qui a l’originalité d’avoir été tourné en « noir et blanc » et d’être « muet ». Je vous l’accorde, ce parti pris original, propre à remuer la nostalgie facile que chacun d’entre nous conserve au fond de lui même, m’a semblé être un défi artistique tout à fait intéressant. Ce film mérite véritablement d’être récompensé, tant pour les raisons invoquées précédemment que pour la qualité de sa réalisation technique.

Un cocorico aux accents du « Star and stripes

Passé cette analyse critique de l’œuvre, qui ne nous différencie pas vraiment de l’ensemble des critiques médiatiques, il est un point sur lequel nous divergeons fondamentalement avec ceux-ci et qui se rapporte à leur analyse de la reconnaissance internationale de ce film. Depuis quelques temps, les commentateurs, qui sévissent sur les réseaux médiatiques, déploient des superlatifs de plus en plus exagérés sur les récompenses obtenus par ce film ou qu’il pourrait obtenir, allant jusqu’à (je l’ai entendu de mes propres oreilles) introniser « Jean Dujardin comme nouveau Georges Clooney ».

« The Artist » aux Oscars

« C’est la première fois qu’un film français est récompensé aux Golden Globes »; « c’est la première fois qu’un film français a une grande chance d’être primé aux Oscars »; « c’est la première fois qu’un film français est sur le point de recevoir autant de récompenses aux Etats-Unis » C’est vrai sauf que, pour pouvoir être primés Outre-Atlantique, les réalisateurs ont produit un film qui est dépourvu de toute référence à la France et qui pourrait passer pour un film produit aux Etats-Unis.

Il ne vous a pas échappé que le marché du film, au Etats-Unis, ne supporte aucun film en VO doublé en anglais, rachète les droits des films français pour utiliser, uniquement, le scénario afin de le refondre à la sauce yankee, avec des acteurs du pays, bref, pratiquent un « nationalisme pelliculaire » pur et dur.

Si nous regardons, de près, ce qui a incité les jurés à nominer ce film et à le primer, nous nous apercevons qu’il n’y a absolument rien de représentatif du cinéma français dans leurs motivations. Les dialogues ? Le film est muet, et si on veut « lire sur les lèvres » on s’aperçoit que les acteurs ne parlent pas en français. Les décors ? L’action se passe aux Etats-Unis. Non, décidément, rien ne justifie que les médias français se gargarisent de fierté nationale à propos de ce film. Il est récompensé au « States », justement parce qu’il n’a rien de français.

Il ne nous étonnerait pas que, si le coq gaulois se mettait à chanter, nous entendions les premières mesures du « Stars and Stripes ». C’est bien connu, l’intelligentsia française a la mentalité du « chien qui lèche la main du maître qui le tient en laisse, du moment que celui-ci lui donne à manger ».

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